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Séville dans la guerre globale : Manifeste de l’occupation de l’Eglise du Sauveur

lundi 24 juin 2002

Voici le texte d’appel de l’action de désobéissance sociale convoquée ce matin à Séville et qui a tournée en occupation de l’église du Sauveur suite à l’intervention de la police.

« Nous désertons votre guerre. Aucun être humain n’est illégal ! »

Désobéissance en soutien aux immigrés occupants et en grève de faim

Ceux qui ont le pouvoir ont refermé un mur sur Séville
Des camarades venus du monde entiers sont bloqués aux frontières et aux abords de la ville. Des policiers en civils qui lisent le journal à l’envers, et d’autres en train de cuire dans leurs tristes uniformes, intimident les gens avec tout leur arsenal, les contrôles d’identité et la fouille des effets personnels, etc. La propagande sur un supposé risque de violence activiste abreuve la population. Le filtrage de tout ce qui dément le mensonge officiel. Comme en temps de guerre, Séville a été transformée en théâtre des opérations de la guerre globale.
Dans ce contexte, appeler publiquement à un rassemblement le samedi 22 juin à 11 h 30 sur la Plaza del Salvador de Sevilla (place du Sauveur de Séville) constitue de fait un acte de désobéissance. La désobéissance de tous et toutes, d’une variété de collectifs, mouvements, de personnes, qui ont conflué vers Séville.
Par cet acte de désobéissance nous voulons affirmer publiquement :

- Notre soutien aux immigrés qui occupent l’Université Pablo d’Olavide. Nous la comprenons comme un moment de lutte qui remet en cause le consensus sur la politique répressive aux frontières qui est de nouveau reproposé avec le Sommet Européen à Séville. Cette occupation est un acte politique de désobéissance qui souligne l’émergence d’un sujet politique, la lutte des travailleurs immigrés dans le cadre de la globalisation. C’est le reflet inverse de ce qui se passe dans le sommet des puissants.

- Que les politiques européennes en matière de frontières instaurent une division violente dans la coexistence des villes toujours plus transnationales de ce qui est désigné comme le premier monde. Nous défions cette politique, parce qu’elle nous concerne directement tous et toutes. Nous rejetons toute condition de citoyenneté européenne qui est construite sur la base de la division et de l’exclusion sociale.

- Nous exigeons que s’ouvrent des négociations entre l’assemblée d’immigrés occupant l’université et les autorités municipales, régionales ou européennes compétentes. Et que cette négociation prenne comme base la totalité des revendications des immigrants, qui doivent être acceptées.

- Que le gouvernement espagnol a une responsabilité directe dans la situation qui a conduit à cette occupation : des centaines de personnes, travailleurs précaires, ont été soudainement considérés comme sans-emplois compte tenu de l’utilisation que les chefs d’entreprise ont fait des contrats dits « d’orgine », un instrument de plus pour les nouvelles formes d’exploitation du travail.

- Nous réclamons, par conséquent, que le gouvernement espagnol n’expulse aucun des occupants, et qu’il introduise toutes les modifications nécessaires dans la réglementation en vigueur pour permettre leur régularisation.

- Nous réaffirmons notre volonté de combattre la Loi d’Extrangería (loi sur l’immigration - NdT) : en favorisant l’entrée d’immigrant(e)s dans l’espace européen, en nous associant politiquement à leurs luttes par toutes formes de pratiques de désobéissances.

- Nous désertons votre guerre. Aucun être humain n’est illégal.

Séville, 22 juin 2002