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Sans-papiers expulsé, Sans-papiers assassiné ?

vendredi 10 janvier 2003

Sans papiers expulsé
Sans papiers assassiné ?

Ricardo Barrientos, sans papiers argentin, est décèdé dans un vol d’Air
France le 30 décembre dernier, après avoir été maintenu pendant 40
minutes sous un coussin par les policiers qui l’encadraient.

Il a fallu
plus d’une semaine pour apprendre ce décès et, comme à l’habitude, la
première enquête conclut à une crise cardiaque, sans en évoquer les
causes.

Ce décès, qui pourrait s’avèrer être un assassinat, met une fois de plus
en cause les conditions inhumaines entourant les expulsions de sans
papiers, violant régulièrement les droits de l’homme.

Nous dénonçons à nouveau la collaboration d’ Air France avec le
Ministère de l’Intérieur, qui amène à ces tragédies.
Nous dénonçons la collaboration du commandant de bord qui pilotait
l’avion et qui, malgré le refus d’une partie de l’équipage, a décollé
rapidement, ayant un réveillon à fêter à Buenos Aires.

Nous dénonçons la collaboration du groupe ACCOR qui, par l’intermédiaire
de sa filiale Wagons Lits-Carlsson-Travel, a le monopole des expulsions
par avion par un contrat d’exclusivité avec le ministère de l’Intérieur,
percevant un pourcentage sur chaque sans papiers expulsé. Le commerce de
la misère n’a pas de limites.

Nous dénonçons la continuité de ces violences policières alors que déjà,
d’autres sans papiers comme Samira en Belgique ou un sans papiers sri
lankais en France sont morts dans les mêmes conditions.
Nous dénonçons la politique « tout sécuritaire et tout répression » du
gouvernement français qui permet à des policiers de pratiquer de plus en
plus souvent, car se sentant légitimés, des exactions inqualifiables.

- Nous exigeons une enquête réelle et approfondie afin que soient jugés
les coupables de cette mort d’homme.

- Nous exigeons la régularisation de tous les sans papiers, seule décision
politique qui puisse mettre un terme au double étau de la répression et
de l’exploitation.