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Les Sans-papiers reçus le 12 juillet au cabinet du Ministre des affaires sociales

vendredi 7 juin 2002

Le ministère de l’intérieur ne doit plus s’occuper des droits des sans-papiers
Aujourd’hui 12 juillet, nous avons été reçus de nouveau par le cabinet du Ministre des affaires sociales

Vendredi 14 juin, 150 sans-papiers de Droits devant !! et du CdSL et leurs soutiens (DAL, Les Mouvements Spontanés, Groupe des Dix Solidaires, des conseillers de Paris Verts et PC, ainsi que les syndicats CNT et SUD Cité des Sciences) ont occupé la Cité des Sciences et de l’Industrie pour exiger leur régularisation avec la carte de dix ans.

Deux jours avant le 2ème tour des législatives, cette occupation a fait suite à celle de l’ex Maison des colonies Porte Dorée, juste avant le premier tour des présidentielles, où fut déployée une immense banderole portant l’inscription : « Colonisés hier au Sud, exploités aujourd’hui au Nord – Régularisation de tous les sans-papiers ».

Ces deux actions « illégales », au cœur d’une campagne électorale démagogique et indécente, avaient pour but de réinscrire dans les luttes sociales celle, épicentrale pour l’égalité des droits, de la régularisation des sans-papiers, broyés par le double étau de la répression et de l’exploitation.

Maintes fois, durant ces deux occupations, comme pour celles du ministère de l’emploi ou de la Direction du Travail et de l’Emploi (DDTE) en 2001, il nous fut proposé de rencontrer le ministère de l’intérieur, seul interlocuteur selon le(s) gouvernement(s) d’hier et aujourd’hui, pour traiter de la question des sans-papiers. Nous avons à chaque fois refusé sur le principe que le combat des sans-papiers s’inscrit dans le respect et l’application des droits fondamentaux et non dans une gestion sécuritaire, pénale et répressive ayant pour objectif de stigmatiser les sans-papiers et de renforcer l’équation : immigration = délinquance = insécurité = terrorisme, considérablement amplifiée depuis le onze septembre..

En 99 à Tempéré en Finlande, le sommet des quinze ministres de l’intérieur de l’U.E. fut en ce sens édifiant, les deux thèmes abordés portant sur immigration et sécurité.

Le sommet des quinze à Séville les 21 et 22 juin ira encore plus loin dans la construction d’une Europe forteresse « infranchissable », quadrillée, policière, ultra répressive…alors que le rapport 2001 du département des populations de l’O.N.U. souligne que le vieillissement démographique de l’Europe, préjudiciable au devenir des retraites, lui imposera un recours à la main d’œuvre immigrée.
Hypocrites, démagogiques, discriminatoires, se réfugiant dans le non dit et dans une gestion technocratique, au cas par cas, de la misère et de la précarité, les gouvernements européens en général, la France en particulier, portent la responsabilité de l’installation et de la consolidation d’une internationale fascisante, s’alimentant de la désespérance de millions de laissés pour compte.

Aussi, fi du ministère de l’intérieur et des préfectures, ses zélés serviteurs, qui élèvent l’arbitraire à la hauteur d’une institution. Il s’agit désormais pour tous les sans-papiers de mener le combat sur l’égalité des droits et d’exiger comme interlocuteurs les institutions politiques « normalement » déléguées à son application, ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité ou premier ministre.
Le sans-papier est par définition le « sans des sans », pour qui l’accès aux droits fondamentaux : citoyenneté, logement, travail, santé, éducation, culture, liberté de circuler et de s’installer, vie privée et familiale…. est totalement hermétique

C’est pourquoi, vendredi 14 juin, après plusieurs heures d’occupation et refusant par trois fois d’être dirigés vers le ministère de l’intérieur, nous avons finalement été reçus par le cabinet de M. Fillon, ministre des affaires sociales, à qui nous avons remis des dizaines de dossiers de sans-papiers, tous travaillant et… tous exploités, sans logement, couverture sociale..., exigeant leur régularisation.

Pour l’application et l’égalité des droits, contre les discriminations, le racisme et l’ultra sécuritaire, refusons de laisser le ministère de l’intérieur décider de l’avenir et des droits des sans-papiers.
Solidaires de la lutte des 500 sans-papiers de Séville qui occupent l’université, face aux politiques xénophobes, anti-immigrés de l’U.E., nous appelons à la convergence et à la coordination dans la durée des luttes de sans-papiers en Europe.